Jacques Rigaut

Jacques Rigaut est un écrivain dadaïste français né à Paris en 1898 et mort suicidé en 1929. Dandy sans argent, vivant chez ses parents, il devient un grand consommateur d’opium, de cocaïne et d’héroïne. En 1922, il rejoint Tristan Tzara et quitte les surréalistes. En 1924, il rencontre Gladys Barber, une jeune Américaine fortunée qu’il suit à New York. Il rentre à Paris peu après, avant de repartir pour New York début 1925. Il épouse Gladys Barber en janvier 1926, mais elle le quitte rapidement, lassée de sa toxicomanie. Il vit misérablement à New York jusqu’en novembre 1928, date à laquelle il revient à Paris et reprend une vie mondaine dans une maison prêtée par le surréaliste Paul Chadourne. Il commence une série de cures de désintoxications. Le 6 novembre 1929, dans une maison de repos de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) appelée « La Vallée aux loups », Jacques Rigaut se suicide d’une balle tirée en plein cœur.
(extrait du site de « La Revue Des Ressources« )

Le feu de la première guerre. L’emprise violente de Dada. Le corps à corps fugitif avec l’écriture. Le vertige du suicide.

J’ajouterai que Jacques Rigaut  laissa sur ses contemporains, et bien au-delà, un souvenir aussi entêtant que son obsession méticuleuse pour le suicide. « Tant que je n’aurai pas surmonté le goût du plaisir, je serai sensible au vertige du suicide, je le sais bien » – J.R.

Jacques Rigaut n’a vécu que 30 ans, mais il a laissé sur ses contemporains, et bien au-delà, un souvenir aussi entêtant que son obsession méticuleuse pour le suicide.
Maître des aphorismes, des récits sacrifiés, Rigaut a écrit comme il a vécu : sans espoir du lendemain.

A l’âge de 23 ans, il cesse de publier ses textes.

D’ailleurs, Rigaut n’a pas écrit, il a raturé sur le vif : « penser est une besogne de pauvres, une misérable revanche. Il n’y a pas 36 façons de penser ; penser, c’est considérer la mort et prendre une décision ». Une décision que Rigaut a prise depuis longtemps…

A 24 ans, Rigaut se jette contre un miroir pour tenter de faire corps avec son double. De ce fracas, naîtra Lord Patchogue : l’homme qui « criait son propre nom lorsqu’il faisait l’amour, comme pour en frapper son adversaire, comme une seconde manière de jeter sa semence ».

Le 6 novembre 1929, après une dernière nuit blanche, il se tire une balle dans le cœur. En pur dandy qu’il fût (« le plus beau et le mieux habillé de Dada », selon Man Ray – avec qui il tourna le cinépoème Emak Bakia), Rigaut a posé le canon du revolver contre son cœur, après s’être servi d’une règle pour être certain de ne pas le manquer. Il a posé un drap de caoutchouc pour ne pas abîmer le matelas, et un oreiller pour amortir le son de la détonation. Il s’agissait surtout de ne pas rater son suicide. Rigaut avait 30 ans.

« Je serai un grand mort », avait-il écrit.

Breton, Drieu la Rochelle, Soupault, Eluard, lui consacrèrent maints récits ou témoignages, jusqu’au Feu follet que Louis Malle adapta au cinéma en 1963, et qui narre les derniers jours de la vie de ce « Chamfort noir ».

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On distingue l’ « ombre du marcheur » …
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Exposition Max Ersnt, Paris, mai 1921 avec: René Hilsum, Benjamin Péret,Serge Charchoune, Philippe Soupault (sur l’échelle), Jacques Rigaut (la tête en bas) et André Breton.
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Collection privée 1923

PS: Jacques Rigaut repose au cimetière Montmartre.

Si ce personnage vous intéresse, je vous conseille ce « Portrait au revolver » de France Culture, mais l’analyse du personnage et de son oeuvre la plus complète se trouve ici.

Vous trouverez également quelques photos ici

Cet article est le tableau de ma chasse sur la toile à droite et à gauche, à votre tour de glaner…

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