L’exposition de Kiki (14ème épisode)


Couverture du catalogue de l'expo annonçant le vernissage Lorsque Kiki fait la connaissance d’Henri-Pierre Roché en mai 1922, elle lui offre deux aquarelles.
Dès lors, il se met à collectionner ses oeuvres.
Le 16 février 1924, quand John Quinn lui adresse un câble lui donnant le feu vert pour l’achat de La Bohémienne endormie de Rousseau, Roché fête l’événement en faisant l’acquisition d’une aquarelle de Kiki.
« Dîner avec Man Ray,Kiki et Tzara, note-t-il dans son journal. Acheté une belle aquarelle, un super Matisse de Kiki. » Durant l’été 1924, Kiki lui adresse la lettre suivante : « J’ai reçu votre lettre qui m’a fait un immense plaisir. Seulement je voudrais bien avoir toute les qualités et le talent que vous me trouvez. J’ai travaillé et j’ai déjà deux tableaux à l’huile de huit figures. Il faut venir voir cela. »
Dans le numéro de février 1925 de « 391 », la revue de Picabia, Roché annonce une exposition des tableaux de Kiki dans son appartement, 99 boulevard Arago. Pourtant, rien ne permet de penser que l’événement ait vraiment eu lieu.

En revanche, l’exposition de Kiki, en mars 1927, est très applaudie.La galerie "Au sacre du Printemps" Un pianiste et musicien polonais, Jan Sliwinsky, qui dirige la galerie Au Sacre du printemps, située au 5 rue du Cherche-Midi, expose des artistes très divers, allant du Hongrois Lajos Tihanyi à la jeune Américaine Andrée Ruellan.
Il est le seul à présenter des œuvres de photographes. André Kertész a précédé Kiki, et Berenice Abbott la suivra.

C’est Desnos qui rédige la préface du catalogue :
« Tu as, ma chère Kiki, de si beaux yeux, que le monde au travers d’eux, doit être bien joli. Ce que tu vois ?
Une grasse prairie dans un vallon calme à l’orée duquel vient murmurer lapiner
[…] Ce vallon que tu as créé, c’est le monde où tu vis loin d’ici bien que tu resplendisses dans Paris, cette ville que tu ne quitteras pas et dont les nuits te sont familières avec ses alcools, ses musiques fiévreuses et ses danses admirables.
Ici même ou bien loin, ma chère Kiki, à travers tes beaux yeux, que le monde est joli.
»


Le vernissage a lieu le 25 mars. A part Man Ray qui est à New York pour une projection de son film, Emak Bakia, tout Montparnasse se presse à l’exposition.

« Le vernissage a fait sortir en masse les habitués du quartier, signale le Herald Tribune. De cinq heures à minuit passé, ils vinrent formant un flot continu et la petite galerie vibrait de commentaires passionnés. Ce fut, à notre connaissance, le vernissage le plus réussi de l’année. Ceux qui étaient venus pour s’amuser restèrent pour acheter et, avant que la nuit ne s’achève, un grand nombre de toiles s’ornaient du petit carton blanc portant la mention « vendu ». »

Ce soir-là, Kiki était en verve. Au ministre de l’Intérieur, Albert Sarrault, qui assiste à la fête, elle lance :
« Tu es un bon gros, mais tu perdras ta place à fréquenter tous ces c… de ministres, reste avec nous, tu poseras aussi, ! »
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À suivre …

(Les mots en rouges feront l’objet de liens ou d’articles ultérieurs…)
Les textes sont partiellement inspirés de Billy Klüver & Julie Martin & Kiki de Montparnasse.

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